Le 8 juillet 2011, au moins 83 personnes périssent dans un crash d’un avion à Kisangani, dans le nord-est de la RD Congo.

Ce jour-là, le Boeing 727 de la compagnie aérienne congolaise ‘’Hewa Bora’’ transportant 118 personnes et assurant la liaison Kinshasa-Kisangani-Goma, s’écrase vers 15h (13h GMT) lors de son atterrissage à l’aéroport de Kisangani, à 300 m au-delà de la piste, tuant au moins 83 personnes. Une très forte pluie s’abattait sur la région et l’avion avait ensuite pris feu. Parmi les victimes du crash, se trouvaient 6 officiels du monde du football, l’évêque d’Isangi et 2 grands opérateurs économiques de la ville de Butembo (dans l’est de la RD Congo), Messieurs Paluku Lolwako Salvin (très connu sous ‘’PALOS’’) et Katembo Mahembe Pius.

L’accident de Kisangani, ville portuaire et centre d’activités régional, était le dernier en date d’une série de catastrophes qui avaient valu à la RD Congo l’un des records mondiaux de l’insécurité aérienne. ‘’Hewa Bora’’ figurait d’ailleurs sur une liste noire des compagnies aériennes établie par l’Union européenne pour des raisons de sécurité, à l’instar de tous les transporteurs de RD Congo.

Les autorités locales, la Monusco (Mission des nations unies en République démocratique du Congo), Médecins sans frontières et la Croix-Rouge congolaise s’étaient mobilisés pour venir en aide aux rescapés de la catastrophe aérienne. Trente survivants avaient été admis au centre médical du contingent bangladeshi de la Monusco pour les premiers soins. Les autres blessés furent transportés dans les cliniques de la ville. Le président Joseph Kabila s’était rendu avec quatre ministres au chevet des blessés hospitalisés à Kisangani. Certains furent rapatriés sur Kinshasa.

Un mois après l’accident, un premier rapport d’enquête fut remis au ministère des Transports congolais. Il mettait en cause à la fois le pilote, la compagnie aérienne et les autorités aéroportuaires. Les boîtes noires n’avaient pas encore été décryptées, mais ce premier rapport relevait nombre de dysfonctionnements pour le moins alarmants. D’après le rapport, le pilote aurait mal évalué les conditions météorologiques à l’aéroport de Kisangani où sévissait un violent orage (pourtant, il aurait été prévenu au départ de Kinshasa par l’un de ses collègues). Mais bien plus étonnant, on apprenait que le commandant de bord n’avait pas renouvelé sa licence pour voler sur un Boeing 727 : il devait soit passer au simulateur de vols soit suivre un cours de rafraîchissement au sol, complété par un contrôle en ligne. Par ailleurs, l’avion, qui accusait 46 ans d’âge et 52.613 heures de vol, transportait 125 passagers pour 118 sièges. ‘’Hewa Bora’’, dont le PDG (Stavros Papaioannou, ancien pilote de ligne congolais d’origine grecque qui avait fondé la compagnie) avait disparu peu de temps après, était donc mis en cause pour avoir modifié l’immatriculation de l’appareil, mais aussi pour avoir aligné un pilote non qualifié. Le rapport émettait également plusieurs griefs à l’égard des autorités aéroportuaires : dans la tour de contrôle de Kisangani, les contrôleurs aériens n’avaient pas non plus leur licence, les techniciens qui réalisaient les prévisions météo avaient dépassé l’âge de la retraite et leur matériel ne fonctionnait plus. Les enquêteurs avaient conclu qu’ils étaient donc réduits à émettre des prévisions empiriques. Enfin, le matériel de secours anti-incendie n’était pas aux normes, et le premier camion s’était embourbé à 50 mètres de l’épave en feu.

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