Le retour de Moise Tshombe sur la scène politique congolaise de 1964-1965 avait créé un malaise général sur le continent africain et sa présence dans le gouvernement au Congo constituait une menace pour les pays africains à régime révolutionnaire ou progressiste. C’est alors que plusieurs pays africains (et surtout les Etats voisins à la RD Congo) décidèrent de témoigner des sympathies aux rebelles qui combattaient le régime de Léopoldville (Kinshasa), en particulier le Congo Brazzaville, le Burundi et la Tanzanie.
En janvier 1964, Gaston Soumialot (Secrétaire général des Forces Armées Révolutionnaires) et Laurent-Désiré Kabila (Secrétaire général aux Affaires sociales, Jeunesse et Sport du CNL) débarquent à Bujumbura et ouvrent un bureau du Conseil National de Libération/Section de l’Est à l’hôtel Paguidas où ils sont logés. Ils sont vite rejoints par d’autres révolutionnaires lumumbistes, dont Antoine Marandura, Nicolas Olenga et Louis Bidalira. Ils ouvrirent un camp d’entraînement à Lubarika dans la plaine de la Rusizi, recrutant 600 jeunes Bafuliru, avec comme base-arrière la province de Cibitoke au Burundi. Les armes destinées aux rebelles débarquaient à Dar es Salaam en provenance de Chine, elles étaient ensuite transportées par train à Kigoma, puis envoyées par bateau à Bujumbura d’où elles prenaient la route pour Uvira. Lors de la conférence de l’OUA à Addis Abeba en 1964, le ministre des Affaires Etrangère du Burundi reconnut que des armes tchécoslovaques destinées aux rebelles d’Uvira avaient transité par Bujumbura. Ne pouvant pas “tolérer” ce soutien affiché du Burundi à la rébellion congolaise, les autorités congolaises finirent par décider du gel des relations diplomatiques avec le Burundi. C’est seulement en janvier 1966 que des contacts furent amorcés avec le gouvernement burundais. Un mois après, Monsieur Masumbuko (Ministre de la santé publique du Burundi) séjourna à Léopoldville et signa avec son homologue congolais (Justin Bomboko), ce 5 février 1966, un communiqué sanctionnant la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays ainsi que la répression des activités politiques des “réfugiés” congolais vivant au Burundi.

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