Le 7 janvier 2003, une cour martiale condamne 30 personnes à la peine de mort dans le dossier de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila.

Ce jour-là, soit près de 2 ans après la mort tragique de l’ancien chef de l’Etat congolais (Laurent-Désiré Kabila), la Cour d’Ordre Militaire (COM, siégeant en Cour martiale) rendait son verdict à l’issue d’un procès fleuve : 30 des 135 accusés étaient condamnés à la peine de mort, dont le colonel Eddy Kapend, le principal accusé. Les organisations internationales de défense des droits de l’homme avaient quant à elles estimé que la procédure suivie devant la cour d’ordre militaire s’était déroulée sur fond d’intimidation; les avocats des accusés n’ayant pas eu accès à toutes les pièces de la procédure. Pour elles, ce procès n’avait été ni équitable ni transparent et la culpabilité des accusés n’avait pas été démontrée de manière irréfutable. Enfin, elles avaient estimé qu’il demeurait des faits surprenants que la Cour n’avait pas pu étayer :
(a) Les conclusions de l’expert en balistique et des médecins légistes étaient surprenantes. Pour l’expert en balistique, il lui paraissait scientifiquement impossible d’imaginer qu’une balle tirée à bout portant sur une tempe du Président avec un pistolet parabellum 9 mm reste incrustée dans le crâne. Quant aux médecins légistes, les blessures faites par balles n’avaient dû intervenir qu’après le décès, étant donné l’absence de saignement constaté sur place.
(b) Pourquoi l’arme du crime n’a-t-elle jamais été retrouvée ?
(c) Les témoins avaient entendu trois détonations et pourtant quatre traces de balles avaient été trouvées sur le corps de LD Kabila.
Autant de questions qui sont restées sans réponse jusqu’à ce jour. Aujourd’hui, 17 ans après, bien des interrogations demeurent. Le sujet reste même tabou parmi la classe politique congolaise. Des gouvernements successifs se sont bien gardés, ou ont tout au moins évité, de réactualiser un dossier qui pouvait devenir explosif. Seuls 16 des 30 personnes condamnées sont dans les couloirs de la mort à la prison Makala/Kinshasa (dont certains sont très malades), 4 personnes sont décédées depuis faute de soins et d’autres se sont évadées.

 

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