Le 28 janvier 1993, assassinat de Philippe Bernard, ambassadeur de France à Kinshasa (Zaïre). 

La confusion était totale à Kinshasa ce jour-là. Des groupes de militaires parcouraient à vive allure les avenues du centre-ville dans des véhicules militaires et civils, tirant des coups de feu et rançonnant tout ce qui se trouvait sur leur passage. Presque tous les domaines de la vie au Zaïre étaient gravement touchés par les pillages successifs. La cause de ces pillages était la mise en circulation des billets de 5 millions de zaïres (émise à la suite d’une crise politique et économique aiguë). L’opposition conduite par Etienne Tshisekedi avait appelé au boycott de ces billets : les opérateurs économiques et la population refusèrent de les consommer; mais Mobutu décida de les utiliser pour payer les militaires et soldats. Ce 27 janvier, l’on dit que, faussement invité à l’ambassade de France, Tshisekedi devait y être assassiné, mais, mis au courant par l’ambassadrice des USA (Melissa Wells), celui-ci ne s’y était plus rendu. C’est alors que les tueurs des Forces d’Intervention Spéciales de la DSP arrivèrent à l’Ambassade de France et ne trouvant que l’ambassadeur et le téléphoniste zaïrois (et non Etienne Tshisekedi), ils décidèrent de les tuer. Les auteurs seraient deux officiers chargés de la sécurité du président Mobutu, le colonel Lémy Lissika et le lieutenant Komadja. Mais selon la thèse officielle, l’ambassadeur de France avait été victime d’une balle perdue, version qui n’a jamais été acceptée par la famille de l’Ambassadeur car, depuis lors, aucune enquête n’a jamais été ordonnée par Paris et Mobutu n’a jamais été condamné pour cet acte. Au contraire, quelques mois après, il avait invité à prendre part au sommet de la francophonie à l’île Maurice, en octobre 1993. Pire encore, l’année suivante (1994), après le génocide rwandais, la France réhabilitera Mobutu et le déclarera “élément stabilisateur de la région”. En plus de l’ambassadeur de France, ces pillages avaient occasionné la mort de près de 2000 personnes et l’évacuation par leurs pays de plus de 1300 étrangers (essentiellement des occidentaux).

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