Le 10 octobre 1990, des commandos zaïrois participaient à la reprise de Gabiro, localité située 80 à kilomètres au nord de Kigali

Lorsque le Front Patriotique Rwandais (FPR), sous le commandement du Général Fred Rwigema, attaquait le poste frontalier de Kagitumba (entre le Rwanda et l’Ouganda) le 1er octobre 1990, les Forces Armées Rwandaises (FAR) semblaient mal préparées à cette attaque. Les “Inkotanyi” du FPR, constitués essentiellement d’anciens exilés Tutsi qui réclamaient le droit de rentrer dans leur pays, venaient d’opter pour la guerre afin de regagner la terre qu’ils avaient abandonné 30 ans auparavant lors de la “révolution de la masse Hutu”. Le FPR parviendra même à entrer dans les préfectures peuplées de Byumba et Ruhengeri, provoquant des milliers de déplacés à l’intérieur du pays.
Face à l’avancée des troupes du FPR vers Kigali (ils étaient déjà à Gabiro, à 80km de la capitale) le 2 octobre 1990, le Président Habyarimana n’avait d’autre choix que de s’en remettre à son ami, le Maréchal Mobutu. C’est ainsi que le 5 octobre, Mobutu envoya, sous le commandement du général Mahele, deux bataillons de para-commandos zaïrois pour aider le Président Habyarimana à stopper l’avancée du FPR. Et le 10 octobre, ils parvinrent à reconquérir Gabiro. Le soir même, le général Mahele avait admis aux journalistes “Les maquisards ont été coriaces. Leurs officiers ont l’expérience de la guerre, ils se sont battus quatre ans pour installer au pouvoir le président ougandais Museveni. Les soldats qui ont déserté l’armée ougandaise pour les suivre sont aguerris. Et les rebelles en civil se battent avec ardeur… Croyez-moi, ce n’est pas une partie de plaisir. Le premier jour où nous nous sommes affrontés, lundi dernier, le feu n’a pas cessé, de neuf du matin à cinq heures de l’après-midi. Je n’avais jamais vu ça”

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