Le 5 septembre 1960, Joseph Kasa Vubu révoque son Premier ministre, Patrice Lumumba.

Ce jour-là, il fait un temps caniculaire de saison des pluies à Léopoldville (Kinshasa). Toute la ville bout d’indignation depuis que l’indépendance, acquise le 30 juin, a tourné au cauchemar : le Katanga a fait sécession, ainsi que le Sud-Kasaï. Dans les milieux diplomatiques, on attribue tout cela à Lumumba qu’on trouve enflammé, peu diplomate et surtout communiste. Il est 20h03, la radio nationale diffuse son cours d’anglais habituel. Puis, à 20h15, le programme s’arrête soudain. Une voix fluette résonne dans les transistors, c’est celle de Joseph Kasa Vubu. Il annonce que Lumumba a trahi la tâche qui lui a été confiée et énumère une série de griefs contre lui, avant d’en tirer la conséquence : “J’ai jugé nécessaire de révoquer immédiatement le gouvernement”. Lumumba n’est pas le seul à être révoqué : 6 autres membres de l’Exécutif sont congédiés au même moment que lui (Remy Mwamba, Christophe Gbenye, Anicet Kashamura, Antoine Bolamba, Antoine Gizenga et Jacques Lumbala). Mais une heure après, coup de théâtre : c’est Lumumba à son tour qui passera à trois reprises sur la même antenne que le Président, pour déclarer à son tour qu’il venait de révoquer le Président Joseph Kasa-Vubu. La confusion était totale et la crise congolaise venait d’atteindre le point de non-retour.
Le Congo vécu une semaine de turpitude et de confusion au sommet de l’Etat, ne sachant pas qui de Lumumba et de Kasa Vubu avait les choses en mains. C’est dans cette confusion que le colonel Mobutu, alors chef d’Etat-major de l’armée, décida de prendre le pouvoir par un coup d’Etat le 14 septembre afin, dit-il, de “neutraliser” les deux rivaux. Fuyant Léopoldville (Kinshasa) vers son fief de Stanleyville (Kisangani), Lumumba sera arrêté début décembre par les hommes de Mobutu, avant d’être livré à son pire ennemi, Tshombé, qui le fera tuer à Élisabethville (Lubumbashi) le 17 janvier 1961.

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