Le 10 août 1967, les mercenaires dirigés par Jean Schramme se rebellent contre leur commanditaire, Mobutu, et créent à Bukavu ce qu’ils appelleront l'”Etat des Volontaires Étrangers” (EVE). Ils étaient soutenus par la France et la Belgique.

En 1964, la RD Congo fait face à la rébellion muléliste soutenue par les Cubains et l’ex-URSS et qui tient quasiment la partie est du pays. L’Armée Nationale Congolaise n’étant pas en mesure de défaire la rébellion, le lieutenant général Mobutu (alors chef de l’armée) fait appel aux mercenaires étrangers (belges et français, surtout). Jean Schramme et Bob Denard sont les plus connus. On les appelle les “affreux” car ils tuent sans relâche. Mais en novembre 1965, à l’issue de son deuxième putsch, Mobutu prend le pouvoir et, n’ayant plus besoin des “affreux” (sur demande des américains, dit-on), il cherche à s’en débarrasser. Il propose de dissoudre leurs unités et de les incorporer au sein de l’armée congolaise. C’est là que Jean Schramme se rebelle et entre en scène.
Le 9 août, il prend la ville de Bukavu et le lendemain, 10 août, il forme un Gouvernement de Salut public dont il confie la direction au Colonel Léonard Monga (un jeune officier katangais frais émoulu de l’Ecole Royale militaire belge). Schramme annonce que son objectif est de renverser le Président Mobutu. Il tiendra tête à l’armée congolaise pendant 3 mois. C’est seulement le 5 novembre, suite au manque de munitions, que Schramme se décide d’évacuer de Bukavu ses mercenaires (au nombre de 123 dont 55 Belges et 29 Français) et ex-gendarmes katangais (environ 2.500, accompagnés de 1.500 femmes et enfants) et les fait traverser la frontière avec le Rwanda, où ils se réfugient (à Cyangugu). Fin novembre, les ex-gendarmes katangais rentreront au Congo (sur la foi d’une amnistie accordée par Mobutu et garantie par l’OUA), seront dirigés vers le Centre d’instruction d’Irebu (dans l’ancienne province de l’Equateur), puis emprisonnés et placés dans des centres d’internement dont pratiquement aucun d’entre eux ne sortira vivant. Quant aux mercenaires, ils seront évacués du Rwanda le 4 avril 1968 par la Croix-Rouge Internationale, vers leurs pays respectifs.

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