Le 7 juillet 1960, Patrice Emery Lumumba nomme des congolais à la tête de l’armée.

Cinq jours seulement après la proclamation de l’indépendance, la stabilité de la situation de la RD Congo ne tenait qu’à un fil. Le 5 juillet 1960, à la suite du premier acte d’indiscipline qui s’était passé la veille, le Général belge Janssens (qui était demeuré chef d’état-major général de la Force publique) avait convoqué les sous-officiers pour une causerie morale. Il écrivit au tableau noir la phrase : “Après l’Indépendance = Avant l’Indépendance” et déclara : “La Force publique continue comme avant”. La mauvaise interprétation des propos tenus par Janssens aux soldats congolais, dont l’intention était de leur dire que l’Indépendance n’apporterait aucun changement dans leur rôle ou statut, fut certainement à l’origine d’une mutinerie. Ce discours fut compris par les soldats comme une négation de l’Indépendance fraîchement acquise. Et le 6 juillet, les soldats congolais du camp Léopold (aujourd’hui camp Kokolo, à Kinshasa) se mutinèrent, réclamant l’africanisation des cadres au sein de l’armée. L’impact fut désastreux, provoquant la panique parmi les expatriés européens au point que la Belgique décida d’envoyer des militaires au Congo pour protéger ses ressortissants.
Et le 7 juillet, Lumumba essaya de calmer la situation en africanisant, hâtivement, la hiérarchie militaire. Le même jour, la Force Publique fut rapidement débaptisée “Armée Nationale Congolaise” (ANC) et tous les chefs des mutins furent élevés au grade supérieur. Lumumba annonça aussi le renvoi du général Janssens. C’est ainsi que du jour au lendemain, Victor Lundula (ancien adjudant de la Force Publique) fut promu Général et Commandant en chef de l’armée, tandis que l’ancien sergent Joseph-Désiré Mobutu était nommé colonel et Chef d’état-major.

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