Le 19 juin 1991, Pablo Escobar (chef du cartel de Medellin et célèbre trafiquant colombien de cocaïne), se rend aux autorités colombiennes. Il était alors âgé de 41 ans.

Traqué depuis sept ans par la police et menacé par les dirigeants des autres cartels de la drogue, Pablo Escobar avait décidé de lancer des négociations avec les autorités colombiennes qui avaient abouties à de sérieuses garanties pour sa sécurité : (a) une prison spéciale (prison d’Envigado) qu’il s’était fait construire lui-même et dans laquelle il allait être enfermé avec ses hommes, (b) l’Assemblée constituante vota une loi sur l’interdiction d’extrader tout citoyen colombien.
Mais le 22 juillet 1992, après 1 an d’”emprisonnement” dans sa propre prison, les autorités colombiennes décident de le transférer vers un autre établissement, afin de l’empêcher de continuer à diriger son organisation depuis sa “luxueuse” prison. Il aurait acheté ses gardiens. Pablo Escobar refusa d’accepter d’être extradé et décida de s’évader, provoquant une crise politique illustrée par le limogeage du vice-ministre de la Justice, du directeur des prisons et de quatre officiers supérieurs. Après plus d’un an de cavale, les autorités colombiennes, assistées des services américains, le cernent le 2 décembre 1993 et le tuent.
Pablo Escobar a pris le contrôle du trafic de la drogue en Colombie au cours des années 1970. Travaillant avec impunité, il neutralise les représentants de l’autorité en les achetant ou en les éliminant. Il abat même ses lieutenants s’il considère qu’ils sont une menace pour lui. À la tête du cartel de Medellin, Escobar émerge au début des années 1980 comme le plus puissant trafiquant de drogue au monde. Son organisation contrôlait 80% du trafic de cocaïne avec les États-Unis et s’étendait en Bolivie au Pérou. En 1989, les revenus de son cartel étaient estimés à 30 milliards de dollars par année et, le magasine Forbes le classait au 7e rang des plus grandes fortunes du monde. A Médellin, il distribuait régulièrement de l’argent aux pauvres, ce qui l’aida à recruter des supporteurs et à établir des refuges pour se protéger. Élu député libéral au Congrès colombien en 1982, il manifeste le désir de jouer un rôle politique plus important. Son offre rejetée, il réagit en lançant une campagne de terreur, s’attaquant aux policiers, journalistes et juges, et faisant même assassiner trois candidats à la présidence en 1989. Il fait également exploser un avion et un édifice sécuritaire de Bogota.

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